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 [HISTOIRE] Seconde Guerre mondiale

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Jef
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MessageSujet: [HISTOIRE] Seconde Guerre mondiale   Ven 16 Mai - 18:51

Par M. Merlevede, le 6 mai 2008 à 17:29

Ce soir à la tv SUR arte: http://www.arte.tv/fr/70.html
Bandes annonces:
http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/Les-breviaires-de-la-haine/2014704.html

Il y a des livres qui tuent. Le Mein Kampf d'Hitler et les Protocoles des sages de Sion, bibles de l'antisémitisme et du nazisme, ont eu des conséquences terribles sur l'histoire européenne. Or, leur influence n'est pas éteinte et continue de saper les fondements de nos démocraties. Enquêtes.

Mein Kampf, c'était écrit

(France, 2008, 56mn)
ARTE F
Réalisateur: [url=http://www.arte.tv/fr/recherche/1383954,templateId=noncache.html?doSearch=true&name=Antoine Vitkine]Antoine Vitkine[/url]

Tout ce qu'Hitler a mis en oeuvre était écrit dans Mein Kampf. Comment expliquer que les pays voisins ne s'en soient pas inquiétés ? Pourquoi le livre continue-t-il à faire peur ? Une enquête rigoureuse et inédite d'Antoine Vitkine.



Publié à 12 millions d'exemplaires en Allemagne entre 1925 et 1945 et à des centaines de milliers dans le monde, traduit en seize langues, aujourd'hui encore vendu à travers la planète, récent best-seller en Turquie, Mein Kampf est un livre qui dérange et dont l'histoire reste largement méconnue. Comment ce livre a-t-il été écrit ? Quel rôle a-t-il joué dans l'accession d'Hitler au pouvoir ? Qui, parmi les millions d'Allemands qui l'ont possédé, l'a réellement lu ? A-t-il constitué un avertissement contre les dangers du nazisme ? Quel est le lien entre Mein Kampf et la Shoah ? Des questions essentielles lorsque l'on songe qu'Hitler a mis en oeuvre quasiment tout ce qu'il avait écrit : la guerre contre la France et l'URSS, l'annexion de l'Autriche, l'eugénisme, les lois raciales et la destruction des juifs d'Europe. Après avoir retracé la genèse de l'ouvrage - sa rédaction en 1924, puis sa diffusion à très grande échelle à partir de 1933 -, le film relate un épisode méconnu : l'étonnante bataille autour de son édition en France. Dès 1934, Fernand Sorlot, un éditeur proche de l'extrême droite maurassienne, publie une première traduction sans en avoir les droits. Son objectif : alerter l'opinion française sur les visées revanchardes du nouveau chancelier allemand (son antisémitisme virulent ne suscitant, lui, aucun émoi particulier). Aussitôt, Hitler attaque l'éditeur pour violation du droit d'auteur et gagne son procès. Derrière cette bataille juridique se cache une réalité politique et militaire : l'Allemagne n'est pas encore prête à faire la guerre et il ne faut pas dresser trop tôt les Français contre elle. L'entreprise de séduction se poursuivra avec la publication, à la fin des années 30, d'un "faux" Mein Kampf prônant la paix et totalement expurgé des passages antifrançais. Lorsque les véritables intentions d'Hitler se révéleront, en 1939, il sera trop tard. Le film explore également le tabou et le malaise qui continuent de flotter autour de l'ouvrage. Du ministère des Finances de Bavière, propriétaire des droits d'auteur (l'administration se sert de la possession du copyright pour interdire de nouvelles publications), aux librairies turques en passant par le témoignage d'un ancien militant d'extrême droite, il cherche à comprendre pourquoi Mein Kampf est un poison qui agit encore.

La vérité est ailleurs
(France, 2008, 53mn)
ARTE F
Réalisateur: [url=http://www.arte.tv/fr/recherche/1383954,templateId=noncache.html?doSearch=true&name=Barbara Necek]Barbara Necek[/url]
Auteur: [url=http://www.arte.tv/fr/recherche/1383954,templateId=noncache.html?doSearch=true&name=André Taguieff]André Taguieff[/url]
Producteur: [url=http://www.arte.tv/fr/recherche/1383954,templateId=noncache.html?doSearch=true&name=Doc En Stock]Doc En Stock[/url]


De la Russie à l'Égypte en passant par l'Allemagne, enquête sur le parcours de ce faux antisémite mis en circulation par la police secrète tsariste. Un bréviaire nazi qui a le vent en poupe dans les pays arabes et, à nouveau, à Moscou.


Rédigés par la police secrète russe au début du XXe siècle, les Protocoles des sages de Sion sont présentés comme le programme émanant d'un conseil de responsables juifs pour anéantir la chrétienté et dominer le monde. Le document est alors destiné à faire croire au tsar Nicolas II qu'une conspiration se trame contre sa couronne. Mais au lendemain de la Première Guerre mondiale, il trouve un terreau fertile dans tous les milieux antisémites européens. En Allemagne, Adolf Hitler en fait l'un de ses livres de chevet. Même si le Times de Londres révèle en 1920, preuves à l'appui, que les Protocoles ne sont qu'un faux, leur "carrière" est lancée...
Aujourd'hui, on sait tout ce qu'il faut savoir sur les Protocoles : leur date de fabrication, leur auteur, leur commanditaire, le but dans lequel ils ont été écrits. Pourtant, nombreux sont ceux qui s'obstinent à croire à l'authenticité du texte, persuadés de trouver là l'explication à tous leurs maux. Dans les pays arabes, les Protocoles sont partout présentés comme un texte historique. Diffusés dans les librairies ou adaptés en série télévisée, ils nourrissent la haine antijuive et antioccidentale. En Palestine, la charte politique du Hamas fait elle-même référence aux Protocoles. D'une façon générale, depuis la guerre des Six-Jours, le faux est instrumentalisé pour mobiliser les masses dans la lutte contre Israël. Les Protocoles ont également le vent en poupe dans la Russie postcommuniste, car ce sont les orthodoxes qui se chargent de la diffusion du faux document. Vecteur de la nouvelle identité russe, l'Église ne craint pas de désigner ouvertement les juifs à la vindicte de ses fidèles.

L'année dernière à Vichy

(France, 2007, 93mn)
ARTE F
Réalisateur: [url=http://www.arte.tv/fr/recherche/1383954,templateId=noncache.html?doSearch=true&name=Bertrand De Solliers]Bertrand De Solliers[/url], [url=http://www.arte.tv/fr/recherche/1383954,templateId=noncache.html?doSearch=true&name=Paule Muxel]Paule Muxel[/url]


Retracée par ses habitants, inscrite dans ses paysages, la mémoire de Vichy, éphémère capitale de l'"État français" de 1940 à 1944, raconte, à hauteur d'homme, la collaboration et la résistance. Et révèle la force insoupçonnée du mythe Pétain.



Le nouvel "État français" naît le 10 juillet 1940 à Vichy, dans le théâtre du Grand Casino. En quelques jours, l'hôtel du Parc, le Majestic, le Portugal, établissements de luxe typiques du Vichy d'avant-guerre, deviennent le siège et les symboles d'un régime auquel la petite ville d'eau va donner son nom. Les modalités de la collaboration avec le régime nazi ont été fixées dès le mois de juin. Les hôtels deviennent ministères et résidences parlementaires, avant que la Gestapo et son auxiliaire, la Milice, n'aménagent leurs cachots au Portugal et au Petit Casino. Quatre années durant, le microcosme pétainiste va s'épanouir dans ce périmètre étroit, derrière des façades ou à l'ombre de frondaisons restées identiques. Sur place, Bertrand de Solliers a retrouvé des hommes et des femmes qui, dans leur enfance ou leur jeunesse, ont pu regarder vivre ce petit monde poisseux de la "Révolution nationale". Deux de ces témoins, parce que juifs, y vécurent comme des proscrits ; celui-ci s'engagea dans la résistance, un autre figura parmi les avocats de Laval à son procès, une cinquième était la fille d'un parlementaire du régime... À travers leur parole, c'est l'histoire de la collaboration et de la résistance qui s'écrit, avec ses ambiguïtés et ses engagements.


INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES
Eaux troubles
Promenades, saluts, embrassades d'enfants joufflus... Pétain demeure dans la mémoire de nombreux Vichyssois comme un père et ce documentaire révèle la force insoupçonnée de son mythe dans les mémoires françaises. Rares sont ceux qui n'exonèrent pas le vieux maréchal des crimes commis par son régime. D'ailleurs ne sera-t-il pas "déporté" à Sigmaringen par les Allemands à l'été 1944 ? Se rappeler Vichy, c'est mélanger rêves, cauchemars et réalité, à la manière dont L'année dernière à Marienbad, d'Alain Resnais, fait perdre pied dans les eaux troubles de la mémoire. Avec ce passé qui semble nous attendre dans les allées paisibles de la ville, Bertrand de Solliers fait surgir le malaise palpable suscité par l'époque.
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MessageSujet: Re: [HISTOIRE] Seconde Guerre mondiale   Ven 16 Mai - 19:00

Par M. Merlevede, le 6 mai 2008 à 17:29

« Mein Kampf, c’était écrit »


Retranscription de l'interview du réalisateur du documentaire Antoine Vitkine

http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/Les-breviaires-de-la-haine/Interview-du-realisateur/2015776.html
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MessageSujet: Re: [HISTOIRE] Seconde Guerre mondiale   Mar 10 Juin - 0:38

Thèse très interessante mais discutable par l'historienne Annie lacroix riz qui est une historienne assez controversée de par ses engagements politiques et cherchant à rehabiliter la période stalinienne de l'URSS...Cependant son travail d'historienne est en géneral difficilement attaquable...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Lacroix-Riz

DONC à ECOUTER AVEC ESPRIT CRITIQUE COMME D'HABITUDE

Conférence d'annie lacroix riz sur son livre le choix de la défaite:

http://www.vox-populi.net/article.php3?id_article=296



Quelles sont les causes de la défaite française de 1940 ?

Comment comprendre l’engagement des banquiers et industriels dans la " collaboration économique " avec les Allemands entre la défaite et la libération de Paris sans s’interroger sur la phase précédente ?

Les classes dirigeantes françaises ont-elles planifié dans la décennie 1930, comme leurs homologues belges guidées par la Banque nationale de Belgique, l’occupation prochaine de leur pays par l’Allemagne de Hitler ?

À la lumière d’archives françaises et étrangères, pour la plupart jamais encore dépouillées, Annie Lacroix-Riz revient sur les origines de Vichy. Un essai très engagé, qui bouleverse notre connaissance de cette période de l’histoire de France et au-delà, des relations internationales.

Cet ouvrage défend la thèse que les hommes de Vichy ont préparé leur arrivée au pouvoir et que la transformation des institutions, rendue nécessaire par la crise, passait par la défaite française. L’ouvrage montre ainsi, dans une approche nouvelle, que les causes de l’Occupation sont avant tout intérieures. Il aborde la question de la nature des actions menées de 1933 à 1939 en faveur de l’axe Rome-Berlin.
Surtout, il met en exergue le caractère déterminant de l’économie dans le fonctionnement de la société française des années 30.


Dernière édition par merlin le Mar 10 Juin - 1:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [HISTOIRE] Seconde Guerre mondiale   Mar 10 Juin - 0:51

Autre livre controversé mais assez utile pour notre reflexion critique :

« Le mythe de la bonne guerre »

L’irruption des États-Unis dans la Deuxième Guerre mondiale doit-elle être considérée comme une croisade contre la barbarie nazie, la lutte du Bien contre le Mal ?
Jacques Pauwels, historien canadien, brise le mythe. À ses yeux, les Américains étaient, en effet, loin d’être inintéressés par les ressources économiques et la dimension géostratégique des régions qu’ils allaient libérer. Ils débarquèrent donc avec une idéologie, des vues politiques, une conception des rapports sociaux à préserver et, bien entendu, avec l’idée qu’il fallait assurer les intérêt de leurs entreprises et du capitalisme américain. La crainte de l’expansion communiste et le désir d’en limiter les effets ne furent évidemment pas étrangers à cette philosophie interventionniste. Ce livre brise l’image d’Épinal du libérateur américain venant mourir sur les plages de Normandie dans un but uniquement philanthropique. Une contre-histoire de la Deuxième Guerre mondiale qui modifie radicalement notre vision du XXe siècle et offre un nouveau regard sur l’époque actuelle.

Jacques R. Pauwels (né à Gand, Belgique, en 1946) vit depuis 35 ans au Canada. Docteur en sciences politiques et en histoire, il a enseigné ces matières à l’Université de Toronto.

Forum critiquant le livre :

http://www.debarquement-normandie.com/phpBB2/viewtopic.php?t=13495.




La Deuxième Guerre Mondiale, une croisade américaine pour la défense de la liberté et de la démocratie ?

Les vainqueurs écrivant l'histoire, c'est cette version qui est enseignée depuis 1945 des deux côtés de l'Atlantique. Alors que l'on se prépare à célébrer le 60ème anniversaire de la capitulation, Jacques Pauwels, preuves à l'appui, dévoile le mythe de la «libération».

Aux Etats-Unis, Hitler a très longtemps été considéré comme un excellent partenaire en affaires mais dans une guerre qui ne se déroule pas comme prévu, les alliances finissent alors par se former contre les «mauvais ennemis», avec les «mauvais alliés»...

Le débarquement de Normandie qui ne survient que très tard, le 6 juin 1944, fera malgré tout de ce second conflit mondial une formidable aubaine financière pour les Etats-Unis.

En libérant une partie de l'Europe des fascistes pour la «dominer» économiquement, toutes les conditions sont également réunies dès 1945 pour entamer une très longue Guerre froide...


Un livre incontournablesur l'Amérique et la Seconde Guerre mondiale

Interview • Jacques Pauwels, auteur de Le mythe de la bonne guerre

Les éditions Aden viennent de publier Le mythe de la bonne guerre, un ouvrage traitant du rôle des Américains dans la Seconde Guerre mondiale et qui met à mal les conceptions hollywoodiennes de ce rôle. Solidaire a rencontré son auteur, le professeur canado-gantois Jacques Pauwels.
Peter Mertens 09-11-2005

Jacques Pauwels. Aux Etats-Unis, on présente les guerres de Corée et du Vietnam comme de mauvaises guerres. Mais la Seconde Guerre mondiale était une bonne guerre. Ses motivations étaient «pures» et on s'en allait au combat pour la paix et la justice. C'est aussi l'image présentée par Hollywood dans des films comme Le jour le plus long et Un pont trop loin. Je pose la question: Pour qui cette guerre a-t-elle été bonne?
Pour les entreprises de l'Allemagne nazie, la guerre a été une source de profit exceptionnelle. La General Motors et Ford ont fait des bénéfices énormes. Opel et Ford-Werke, leurs filiales allemandes, ont contribué à la construction de véhicules militaires pour la Wehrmacht et d'avions pour la Luftwaffe. Texaco et Standard Oil ont participé à la livraison de carburant pour les chars et les avions.
Ces mêmes entreprises ont également fait des affaires en or avec la Grande-Bretagne. L'industrie américaine a soutenu tous les belligérants. On a produit Jeeps, camions et avions à la chaîne. Le chômage a baissé et les bénéfices ont grimpé. En outre, la Seconde Guerre mondiale a ouvert toutes grandes les portes du monde entier aux marchandises et aux capitaux américains.



[/url]Pour le soutien qu'il lui a apporté, Hitler décore Henry Ford d'une très haute distinction, remise en 1938 par le consul d'Allemagne à Detroit. (Photo archives)



Les industriels américains n'étaient-ils pas horrifiés par le fascisme?
Jacques Pauwels. On ne peut comprendre leur attitude à l'égard du fascisme que lorsqu'on comprend l'attitude de l'élite envers le communisme. Chez beaucoup d'Américains est née une sorte d'enthousiasme pour une alternative révolutionnaire après le succès de la révolution russe. Le péril rouge était une épine dans l'il de l'élite industrielle. Les journaux du magnat de la presse Hearst ont diffusé massivement la haine à l'égard du bolchevisme. L'Italie et l'Allemagne semblaient proposer une bonne échappatoire à la force croissante du communisme. Les journaux du groupe Hearst vantaient l'Allemagne de Hitler en tant que bastion contre le communisme. Et Hitler suivait les règles du jeu capitaliste: aucune entreprise ne fut expropriée ou nationalisée. Le fascisme était bon pour les affaires et, par conséquent, les hommes d'affaires américains étaient les amis du fascisme. Le grand patron de Texaco, Torkild Rieber, par exemple, admirait Hitler et était l'ami de Göring, le numéro deux du Troisième Reich.

Par la suite, l'Union Soviétique est devenue une «alliée utile», aux yeux des Américains. L'Armée rouge faisait face sur le front de l'Est alors que les pertes américaines restaient limitées
Jacques Pauwels. À l'origine, la direction de l'armée américaine pensait que l'armée allemande allait entrer dans l'Union soviétique comme dans du beurre et la vaincre en quelques semaines. Mais, le 5 décembre 1941, il se passe une chose que personne n'aurait imaginée. Non seulement l'armée soviétique réduit la machine de guerre nazie à l'immobilité, mais en plus, ce jour-là, elle passe à la contre-attaque. Ce fut le tournant de la guerre.
Quand l'industrie américaine comprend que le gouvernement soviétique ne va pas se retrouver à genoux, elle reçoit un nouveau partenaire commercial: Moscou. Dès ce moment, les Américains deviennent «antifascistes», mais ils restent naturellement anticommunistes. Le futur président Truman a dit à l'époque: «Si l'Allemagne gagne, nous devons aider la Russie et si la Russie gagne, nous devons aider l'Allemagne, ainsi il en mourra le plus possible dans les deux camps ennemis»
Les Américains entrent en guerre sans le vouloir lorsque Hitler leur déclare la guerre après l'attaque surprise japonaise contre Pearl Harbor. Brusquement, l'Union soviétique se mue en alliée et la presse met son anticommunisme quelque peu en veilleuse. L'Union soviétique est un partenaire mal aimé mais très utile. 90% des pertes allemandes sont à porter au compte de l'Armée rouge. À Stalingrad, l'armée allemande reçoit un coup dont elle ne pourra plus se relever: 300000 hommes sont taillés en pièces.
Après Stalingrad, tout est différent, l'Armée rouge s'est mise en route pour Berlin. Personne ne parle de l'enjeu politique du Jour le plus long ou D-Day, le débarquement de Normandie tant attendu. Le débarquement était censé donner aux alliés la possibilité d'atteindre Berlin avant l'Armée rouge.

Dans votre ouvrage, vous parlez de ce qu'on a appelé l'option allemande, la possibilité d'un changement d'alliance avant même que la guerre soit terminée. Le général Patton et le sénateur Taft ont proposé de foncer sur Moscou en compagnie de la Wehrmacht. Quel était le sérieux de cette proposition?
Jacques Pauwels. C'était une option attrayante, mais l'opinion publique ne l'aurait jamais acceptée. Pas en Europe, et pas aux Etats-Unis non plus où, entre-temps, l'Armée rouge avait acquis beaucoup de prestige auprès du peuple et auprès des GI.
Mais les Américains ont laissé l'armée allemande intacte. Et ils ont encouragé les officiers allemands capturés à rédiger des rapports sur leurs expériences en Union soviétique. Par la suite, ils ont également transféré des espions nazis comme Reinhard Gehlen en Amérique, et même pris sous leur protection des criminels de guerre comme Mengele et Barbie en vue de les utiliser contre le communisme. Les partisans italiens ont été désarmés et mis hors-jeu. Le maréchal Badoglio, ancien collaborateur de Mussolini, a pu diriger le premier gouvernement italien de l'après-guerre.
Comme par magie, l'Union soviétique redevient le grand épouvantail du «monde libre». Pour l'intimider, les alliés anéantissent Dresde, une ville sans la moindre utilité militaire, au moyen de 750000 bombes au phosphore. Pour la même raison, ils larguent des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Ce faisant, les Américains entament leur nouvelle guerre, la guerre froide. Et, un demi-siècle durant, ils ont tenu le reste du monde sous l'ombre glaciale d'une possible guerre nucléaire.
Aux Etats-Unis, une théorie a la peau dure. Toute l'histoire s'expliquerait à l'aide de quelques grands noms: l'Amérique, c'est Roosevelt, l'Allemagne Hitler, etc. Il n'en va pas ainsi, bien sûr. L'histoire n'est pas une question d'actes héroïques des grands dirigeants. C'est une question de forces économiques et sociales qu'un historien se doit de rendre compréhensibles. J'ai fait un survol de la guerre, une synthèse qui s'intéresse plutôt à l'ensemble qu'aux détails.
Jacques R. Pauwels,
Le mythe de la bonne guerre, Editions Aden - Collection EPO, 336 pages ­ 2005 | 22 €
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